|
PROJET
En mai 2003, le GREMMO et le Cyberlab du CEMAM décident de déposer auprès du programme CEDRE (Coopération pour l’Evaluation et le Développement de la Recherche) - programme paritaire franco-libanais de financement de projets de recherche entre des centres ou laboratoires français et libanais - un projet portant sur le développement de la société de l’information au Proche-Orient. Le projet est accepté par le comité scientifique de CEDRE en septembre 2003 pour un financement de deux années.
Historique
Créé en 2000/2001, le « Cyberlab » du Cemam est en réalité l’aboutissement d’un projet dont les bases ont été jetées dès septembre 1999. Vers la même époque, le Gremmo lançait, en prenant appui sur le CERMOC de Beyrouth, un programme de recherches intitulé « Nouveaux médias et marché de l’image ». Ces recherches sur les effets de la mondialisation, qui ont bénéficié en leur temps d’un soutien dans le cadre du programme Cèdre, ont débouché, en 2001, sur un nouveau programme, intitulé « Communautés virtuelles ? », à la fois plus européen et plus spécialisé sur les seules NTIC.
Le projet que le « Cyberlab » de l’USJ et le réseau « Communauté virtuelles » constitué autour du Gremmo envisageaient de mener conjointement visait à « réinjecter » l’expérience accumulée durant les années précédentes dans un projet comportant un important volet de formation à la recherche, à la fois par l’enseignement (séminaire conjoint) et par la mise en œuvre de travaux d’application (bases de données compréhensives, ou encore « raisonnées »).
Objectifs
Avec l’observation et l’analyse des processus à travers lesquels le Liban, et ses voisins arabes immédiats (Jordanie, Syrie), entrent de plain-pied dans la société de l’information, il s’agit de mesurer la validité, dans ce cas précis, des modèles interprétatifs mis en avant, dans d’autres contextes, vis-à-vis de l’impact social et politique des nouvelles technologies.
La place occupée désormais par les NTIC dans de très nombreuses pratiques sociales (dans la sphère économique et médiatique d’abord, puis politique, mais également, et de plus en plus, dans ce qui relève de la sphère du privé) impose en effet de comprendre comment s’opère, sur le plan local, cette intrusion du global dont Internet offre la meilleure illustration.
Axes d’analyse
Cette dernière problématique a été principalement explorée à partir de deux axes théoriques :
- La diffusion des NTIC et singulièrement d’Internet favorise-t-elle, ou non, des logiques de « déterritorialisation » ? Les lignes de partage et de contact, qui traversent les sociétés locales (liens familiaux, espaces communautaires, réseaux d’intérêts économiques…) se trouvent-elles affaiblies comme la théorie l’affirme souvent, ou au contraire renforcées comme le laissent à penser certaines observations, par la banalisation des nouvelles techniques de communication instantanée à l’échelle planétaire ?
- La « démocratisation » des NTIC, qui délaisse les seules élites pour gagner progressivement des secteurs plus périphériques, a-t-elle des conséquences sur la scène politique ? La convergence des nouveaux médias, à laquelle contribue Internet, ouvre-t-elle la voie à une « cyberdémocratie » régionale ?
Prolongement
Un tel projet de recherche ne pouvait arriver à un stade d’élaboration méthodologique et théorique aboutie au terme de deux années seulement de travail empirique (2004-2005). L’équipe était consciente que cette première phase avait certes permis l’observation du phénomène de développement des TIC et d’internet dans l’espace proche-oriental mais qu’une phase de réflexion visant à la constitution d’un corpus plus théorique (recherche fondamentale) et d’une méthodologie plus systématique devait accompagner toute poursuite des travaux d’observation empirique déjà entamés en 2004 et 2005.
Ces convictions des membres des laboratoires impliqués dans cette recherche en 2004-2005 les ont incités d’une part à poser candidature pour un renouvellement de financement CEDRE pour la tranche 2006-2007 et d’autre part à poursuivre leurs recherches selon 4 entrées principales définies en janvier 2006 et à mettre en œuvre le plan triennal (2006—2009) suivant :
1- Travailler à la mise en place d’un pôle de réflexion sur les synergies à créer entre recherche fondamentale, recherche appliquée et recherche finalisée sur la base des questionnements nés des travaux exploratoires des deux premières années autour du développement des TIC dans la région. L’objectif est d’arriver à une première ébauche de théorisation en sciences sociales pour l’observation des TIC dans un espace socioculturel déterminé. Un travail d’élaboration conceptuelle qui chercherait à participer à la constitution d’une théorie de l’observation des TIC plus globale tout en ne prenant pas le risque d’estomper trop rapidement les singularités des espaces socioculturels dans leurs usages ou leurs appropriations des TIC.
2- Enrichir notre base de données documentaire en ligne pour en faire une référence en particulier par la saisie (veille informationnelle et observante) des données souvent ‘volatiles’ concernant les TIC au Proche-Orient.
3- Renforcer le travail de sensibilisation et de communication autour de ces questions d’une part par l’organisation de deux séminaires internationaux, un en 2006 en France et le second au Liban en 2007, et d’autre part par la formation de jeunes chercheurs libanais et français aux méthodologies de recherche liées aux TIC et s’inspirant de travaux existants ou en cours en cybersociologie, anthropotechnologie, sociologie de l’usage et de l’innovation, économie politique des TIC dans les séminaires mensuels du programme. A ces deux éléments s’ajoute un travail de sensibilisation des responsables de formation (master et doctorat), spécifiquement au Liban, à l’insertion dans ces cursus académiques d’enseignements spécialisés sur les TIC et la Société de l’Information au Proche-Orient.
4- Poursuivre la publication des travaux en cours (en ligne à partir du site et sur support papier) et finaliser la constitution d’un réseau permanent de ‘chercheurs TIC’ regroupés autour de la problématique des effets et de l’impact socioculturel des TIC et du développement de la Société de l’Information au Proche-Orient, voire plus largement dans l’espace arabe.
|